Les jumelles

Des jumelles pour l’observation astronomique

Conçues à l’origine pour l’observation terrestre, les jumelles peuvent être aussi un redoutable outil d’observation du ciel étoilé. A cause d’un grossissement peu élevé, leurs possibilités en planétaire sont très limitées et décevra les observateurs débutants, mais leur simplicité d’utilisation alliée à une grande luminosité, un large champ visuel ainsi qu’à la vision binoculaire en font un excellent instrument d’initiation à l’observation du ciel profond. De plus, leur faible encombrement en fait d’excellentes voyageuses.

En planétaire, aucun détail de la surface des planètes n’est visible avec des jumelles classiques. Le ballet des satellites de Jupiter n’apparaît clairement qu’avec un grossissement de 10 à 12 fois à condition que les jumelles soit montées sur un pied stable, idem pour Vénus lorsqu’elle apparaît sous la forme d’un croissant, quand aux anneaux de Saturne, un grossissement de 25 à 30 fois est nécessaire pour les apercevoir. Néanmoins elles permettent de rechercher facilement une planète comme Mercure ou Vénus dans les lueurs crépusculaires, et les principales formations lunaires peuvent être aperçues. Elles sont idéales pour l’observation des conjonctions ou rapprochements mettant en scène des planètes, la Lune ou bien encore des objets du ciel profond grâce à leur large champ de vision, et ainsi de localiser des planètes difficilement repérable comme Uranus ou Neptune. Munies d’un filtre solaire devant chaque objectif, les taches solaires pourront être observées sans aucun problème, sans oublier l’observation des éclipses solaires et lunaires. Enfin la recherche et l’observation des comètes sont tout à fait à la portée de ce type d’instrument. En fait, les jumelles peuvent être considérée en planétaire comme un instrument complémentaire d’une lunette ou d’un télescope.

En ciel profond, la recherche et l’observation d’objets très étendus sont leur domaine de prédilection, de plus la vision binoculaire permet de montrer un semblant de relief, et une meilleure visibilité qu’en vision monoculaire. Ainsi les amas ouverts très lumineux comme les Hyades, les Pléiades (M 45) dans la constellation du Taureau, l’amas de la Crèche (M 44) dans le Cancer, le double amas de Persée ou bien encore l’amas de Coma présentent une vision exceptionnelle dans un tel instrument. D’autres amas ouverts comme ceux du cocher (M 36, M 37 et M 38), du Cygne (M 29 et M 39) ou des Gémeaux (M 35) peuvent aussi être recherché. La voie lactée se décompose en myriades d’étoiles, la galaxie d’Andromède (M 31) se présente comme une petit nuage oblong avec un centre plus brillant que la périphérie, la grande nébuleuse d’Orion (M 42) se présente comme une tache de brouillard qui se détache de la noirceur du ciel, et des amas globulaires comme celui d’Hercule (M 13) se présentent comme un petit disque cotonneux.

Choix des jumelles

S’il existe sur le marché un choix important de jumelles, leur achat doit être considéré comme un investissement à long terme. Sauf accident, c’est un instrument que son utilisateur gardera toute sa vie, et de ce fait, mieux vaut choisir des jumelles de qualité et bien adaptées à l’utilisation qui en sera faite, plutôt que d’en faire le choix par rapport au prix le plus bas. Bien entendu, les jumelles de théâtre ou de randonnée sont à exclure car leur pouvoir à collecter la lumière est trop faible, seuls les modèles ayant un diamètre d’objectif supérieur ou égal à 30 mm.

S’il existe sur le marché un choix important de jumelles, leur achat doit être considéré comme un investissement à long terme. Sauf accident, c’est un instrument que son utilisateur gardera toute sa vie, et de ce fait, mieux vaut choisir des jumelles de qualité et bien adaptées à l’utilisation qui en sera faite, plutôt que d’en faire le choix par rapport au prix le plus bas. Bien entendu, les jumelles de théâtre ou de randonnée sont à exclure car leur pouvoir à collecter la lumière est trop faible, seuls les modèles ayant un diamètre d’objectif supérieur ou égal à 30 mm doivent retenir l’attention pour une utilisation en astronomie.

Exemple des jumelles de 10 X 50 ayant un champ de 122 m à 1000m. Cela signifie un grossissement de 10 fois pour un diamètre d’objectif de 50 mm. Le champ réel est de 122/17.4 = 7°, le champ apparent est de 7 X 10 = 70°, et la pupille de sortie est de 50/10 = 5°. Ces jumelles ont des caractéristiques très intéressantes pour l’observation astronomique et elles peuvent convenir en théorie aux observateurs de 50 à 75 ans, mais dans la pratique elles satisferont les observateurs de tout ages.

Le grossissement : Les modèles les plus courrant ont un grossissement (G) allant de 6 à 12 fois mais en astronomie, mieux vaut choisir un faible grossissement.

Le diamètre des objectifs (D) : Il est compris entre 30 et 100 mm et détermine leur pouvoir à collecter la lumière donc la puissance des jumelles.

Le champ apparent :

Il détermine l’angle de vision dans les oculaires, donc confort de vision. Il s’obtient en multipliant le champ réel par le grossissement et il est aussi exprimé en degré, et sa valeur doit être supérieur à 50° sinon l’observateur à l’impression d’observer dans deux « tuyaux » étroits.

Le champ réel : il indique la portion du ciel que l’observateur pourra observer sans déplacer l’instrument. Exprimé en degré, il doit être compris entre 4° et 8°. Souvent exprimé en N mètres pour 1000 mètres et il faut diviser ce chiffre N par 17.4 pour le convertir en degré.

La pupille de sortie : Elle détermine le diamètre de l’image en sortie des oculaires qui doit être égale ou inférieur au diamètre de la pupille de l’œil de l’observateur, qui varie en fonction de son age : 7 mm pour les moins de 25 ans ; 6 mm pour les 25-50 ans ; 5 mm pour les 50-75 ans et 4 mm pour les plus 75 ans. En théorie, si la pupille de sortie des jumelles est supérieure à la pupille de l’observateur, alors une petite partie de la lumière sera perdue et n’ira pas dans l’œil de l’observateur, mais dans la pratique cela n’occasionne que peu de différence.

Pour la calculer il suffit de diviser le diamètre / grossissement (D/G). Une pupille de sortie comprise entre 5 et 6 peut convenir aux utilisateurs de tout ages.

Les caractéristiques principales d’une paire de jumelles sont inscrites sur le corps de l’instrument, soit le grossissement X le diamètre des objectifs G X D. Le champ réel peut-être aussi inscrit dessus ou bien dans la notice, quand au champ apparent et à la pupille de sortie, ils se calculent en utilisant les formules données dans les définitions ci-dessus.

Au niveau optique, vérifier que les lentilles et les prismes ont subit des traitements du surface afin d’en améliorer la transmission de la lumière et d’atténuer l’aberration chromatique, c’est à dire l’apparition de liserés parasites bleu et rouge sur le pourtour des plus brillants objets observés. Ce traitement peut-être signalé par l’inscription souvent en anglais « Full coated lens » ou bien en observant le reflet des objectifs : Reflet blanchâtre = pas ou peu de traitement ; reflet vert = bon traitement ; Traitement violet = traitement haut de gamme. Vérifier aussi le « plan d’image », c’est à dire que l’image ne doit pas ou doit être peu déformée. Pour cela observer l’arrête d’un mur ou bien un poteau qui semble rectiligne à l’œil nu. Si l’image observée est déformée ou courbe, la qualité de l’optique est médiocre, si l’image n’est déformée qu’à l’approche des bords et bien plane au centre, alors la qualité optique peut-être considérée comme bonne.

Au niveau mécanique, vérifier qu’elles sont équipées de molettes de mise au point de la netteté d’image pour chaque œil, en effet nos yeux ne sont pas strictement identiques et un réglage indépendant de chaque œil est obligatoire. Vérifier aussi que le réglage est stable et qu’elles ne se dérèglent pas sous une simple pression sur les oculaires. Pour le vérifier, il suffit de faire la mise au point sur un objet éloigné puis de poser délicatement les jumelles sur leurs oculaires pendant quelques secondes et de regarder à nouveau l’objet observé. Si la mise au point est toujours correcte, les jumelles ont passé le test avec succès, si l’image est floue, un réglage de la netteté devra souvent être refait, ce qui nuira à leur confort d’utilisation. Vérifier aussi que les oculaires sont munis d’œilleton rétractable bien utiles pour limiter les lumières parasites et utilisables pour les porteurs de lunettes de correction.

Observations astronomiques avec des jumelles

Si en observation terrestre les jumelles peuvent être tenue à main levée, l’expérience montre qu’en astronomie l’observation à main levée ne peut pas toujours se faire correctement à cause de la position de la tête basculée vers l’arrière, des bas en l’air mais aussi du poids relativement élevé des jumelles ainsi que des vibrations engendrées par l’observateur. C’est d’autant plus inconfortable si le diamètre des objectifs est supérieur à 50 mm, ou si le grossissement dépasse 10 fois.

Il est alors fortement recommandé de monter les jumelles sur un solide trépied photo via un adaptateur spécial, et de ce fait il faut choisir des jumelles qui ont un trou taraudé au pas de vis KODAK situé souvent à l’avant entre les objectifs, afin qu’elles puissent être montées sur un trépied. Les plus bricoleurs peuvent les fixer sur un long manche d’outil de jardinage via une planchette articulée et un système de bridage, et installé sur un tabouret ou encore mieux semi allongé sur une chaise longue, l’observateur maintient le mono pied ainsi bricolé entre ses genoux et peut ainsi observer dans un maximum de confort la voûte céleste. Pour l’observation au zénith, installer un matelas pneumatique ou une longue planche sur le sol, le ou la recouvrir d’une épaisse couverture pour s’isoler du froid en provenance du sol, et observer en position allongé avec les coudes bien serrés contre le corps pour limiter les vibrations.

Enfin les grosses jumelles dont le diamètre est compris entre 50 mm 150 mm montées sur trépied sont vraiment adaptées à l’observation du ciel profond, mais hélas leur prix relativement élevé ne les mets pas à la portée de tous les observateurs.

Bon choix de jumelles et bonnes observations.

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