La Lune

OBSERVER ET PHOTOGRAPHIER LA LUNE

Unique satellite naturel de la Terre, la Lune appelée aussi « Sélène » est un astre mort et sans vie. Elle est née de la collision tangentielle entre un très gros astéroïde de la taille de Mars et la Terre au début de sa formation il y a 4.5milliards d’années. Des débris ainsi éjectés, les plus légers du type rocheux se sont satellisés puis agglomérés pour former l’astre sélène, tandis que les plus lourds du type ferreux sont retombés sur la Terre.

Elle a connu une faible activité volcanique au début de sa vie puisqu’elle est principalement composée de roches volcaniques. Les nombreux cratères ont été formés par un fort bombardement météoritiques, la Lune ne possédant pas d’atmosphère ni de phénomène d’érosion, ces cratères sont restés comme à l’origine. En ce qui concerne les mers, qui contrairement à leurs appellations ne contiennent pas d’eau, leur aspect lisse et plus sombre est dû au fait qu’elles ont moins été bombardées de météorites que le reste de la surface lunaire.

Son diamètre réel fait 3476 km pour un diamètre apparent de 0.5°, son éloignement de la Terre varie de 356 400km à 406 700 km, ce qui fait varier son diamètre apparent d’environ 10%. Elle tourne autour de la Terre en 27 jours7 h et 45 min ce qui correspond à une révolution sidérale. Elle tourne autour de son axe en 29 jours et 12 H, soit la durée d’une journée sélène, et c’est aussi le temps qui séparent 2 phases identiques, appelé aussi révolution synodique. Cette analogie entre la durée d’une journée sélène et sa révolution synodique a pour conséquence que la Lune présente à la Terre toujours la même face. Fort heureusement, des balancements appelés «librations » autour des axes Nord/Sud et Est/Ouest permettent d’en voir un peu plus que la moitié, soit très exactement 59 %. L’autre face appelée «face cachée » n’a été dévoilée que lors de son survol par des satellites artificiels russes au début des années 60.

Sa magnitude apparent atteint – 13 lorsqu’elle est pleine, et sa lumière met 1.2 seconde pour nous parvenir. La température à sa surface varie de – 170° à l’ombre à + 130° au Soleil. Sa force de gravité est 1/6 celui de la Terre,ce qui signifie qu’un humain pesant 60 kg sur la Terre n’en pèse plus que 10 kg sur la Lune. Chaque année elle s’éloigne de 3 cm de la Terre, ce qui fait qu’un jour elle se libérera de l’attraction terrestre. Comme le plan de sa trajectoire autour de la Terre est inclinée d’environ 6° par rapport à celui de la Terre autour du Soleil, il ne se produit pas systématiquement d’éclipse de Lune à chaque pleine Lune, mais en moyenne une à deux éclipses lunaires par an.

Enfin, l’étude du relief lunaire s’appelle la « sélénographie », et jusqu’au 18ème siècle les savants croyaient que la Lune était habitée par des « sélénites ». C’est le 21 juillet 1969, qu’un homme Neil ARMTRONG a marché pour la première fois sur la Lune, dans la mer de la tranquillité : « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ». Jusqu’en 1972, douze astronautes ont foulé le sol lunaire et rapporter plus de 400 kg de roches.

Observation :

Elle est un objet de choix pour les apprentis observateurs. Selon sa phase, elle peut-être observée le soir, le matin et même en journée, le bleu du ciel et le Soleil ne la font pas totalement disparaître du ciel diurne lorsque son apparence est plus important qu’un croissant.

De simples jumelles permettent déjà de reconnaître les principales formations ainsi que les principaux cratères, et une longue-vue ou une petite lunette y montrent plus de détails. Pour plus de confort lors de son observation la nuit entre le premier et le dernier quartier, l’utilisation d’un filtre lunaire vissé sur l’oculaire est conseillée. Son observation avec un instrument optique ne présente aucun danger.

Le « terminateur », frontière éphémère entre la partie éclairée et la partie obscure de la Lune, permet grâce aux jeux des ombres d’apprécier le relief lunaire, certains détails lunaires donnent l’impression de se retrouver dans le vide,comme en apesanteur. Il permet aussi de mesurer la hauteur des cratères et des chaînes montagneuses à l’aide d’un oculaire équipé d’un micromètre.

Enfin, pour la Lune du soir, c’est sa partie droite qui est éclairée, et pour la Lune du matin, c’est sa partie gauche.De même, la hauteur de l’astre sélène à minuit solaire est l’inverse de la hauteur du Soleil à midi solaire, c’est à dire qu’en hiver, le Soleil de midi est bas au dessus de l’horizon sud alors que la Lune culmine très haut dans le ciel de minuit, et qu’en été c’est l’inverse, le Soleil de midi culmine haut dans le ciel alors que la Lune de minuit« s’arrache » péniblement de l’horizon. Pour les mi-saisons, le Soleil de midi et la Lune de minuit sont environ à lamême hauteur dans le ciel.

Nomenclature des principales formations :

Carte_Lune

La photographier :

Elle est aussi un objet de choix pour les apprentis photographes car c’est une excellente cible d’initiation. La photographier avec un appareil photo argentique n’est pas à la portée de tous les amateurs, car il faut posséder un appareil photo type « Reflex » et y ajouter un adaptateur photo, une bague type « T2 » et un déclencheur souple. L’Astro-club de la GIRAFE tient à la disposition de ses adhérents le matériel nécessaire et des ouvrages spécifiques pour ce type de photographie.

L’évolution de la photographie numérique de ces dernières années a mis à la portée de tous la photographie numérique de la Lune. Un simple appareil photo numérique (APN) permet déjà de réaliser de très belles photos lunaires. Pour cela, utiliser une lunette ou un télescope muni d’un oculaire, ou bien encore des jumelles montées sur un trépied photo, viser l’astre sélène, régler la netteté de l’image observée, mettre hors service le flash de l’APN,coller et centrer l’objectif de celui-ci contre l’oculaire de l’instrument d’observation, prendre la photo et c’est tout.L’utilisation d’une monture équatoriale motorisée n’est pas indispensable pour ce type de photographie mais peut s’avérer très pratique afin de suivre automatiquement le déplacement apparent de l’astre sélène. Recommencer la prise de vue jusqu’à l’obtention d’une photo de qualité satisfaisante. Si l’APN possède des fonctions « réglages »,alors ne pas hésiter à faire varier le temps de pose. Pour faciliter le centrage de l’APN par rapport à l’oculaire surtout pour de gros plans, il existe dans le commerce des adaptateur photo universel à partir de 40 €, disponible aussi en prêt auprès de notre astro-club, sinon les bricoleurs peuvent s’en bricoler un et aussi y ajouter un déclencheur souple pour filtrer les vibrations pendant la prise de vue.

Enfin, il est tout à fait possible de faire des photos lunaires avec une webcam ou une caméra CCD branché sur un ordinateur, mais l’opération plus difficile n’est pas à la portée de tous.

Bonnes observations et bonnes astrophotographies.

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