Samedi 1er juin 2024 : Balade découverte des cadrans solaires

Pour cette quatrième édition de balade découverte des cadrans solaires associant motards et astronomes, nous sommes 16 à nous retrouver à 13h30 sur le parking de l’église d’Amayé Sur Orne pour un périple autour de Thury Harcourt. Avant de le commencer, c’est l’occasion d’admirer de belles motos quasi de collection : deux BM de série K dont celle de Pascal, la Triumph néo-rétro de Philippe, la Suzuki Intruder de Christian et le Skycruiser 125 de Christophe, qui a peut-être moins de lustre que ces grosses machines mais qui a l’avantage d’avoir un tablier qui protège les jambes de son conducteur.

Pascal nous remet un papillon comprenant les lieux de découverte des cadrans dans l’ordre de la balade :

  • AMAYÉ SUR ORNE -15 route de Vieux,
  • SAINT REMY SUR ORNE – Église,
  • CLECY – Église,
  • THURY HARCOURT – Eglise
  • FRESNEY LE VIEUX – Église
  • MUTRECY – Église.

et nous entamons à pied la côte pour aller voir le cadran au 15 de la route de vieux.

C’est alors qu’arrive Gérard sur sa Harley. Finalement on est 17: 5 motos, 1 scooter et 3 voitures ! Le cadran d’Amayé est gravé sur le pignon d’une habitation. Il est classique, légèrement déclinant mais remarquable. Aux jumelles on peut lire 1817 gravée dans la pierre au-dessus du cadran. Nous regrettons l’absence de soleil. Le ciel est couvert et espérons les éclaircies annoncées. Cependant il fait frisquet, du coup de retour au parking nous en profitons pour nous couvrir un peu plus. Puis c’est le départ pour découvrir les cadrans suivants. Des indications de Pascal, le circuit fait 75 km avec 644 m de dénivelée. Nous longeons et traverserons plusieurs fois l’Orne enflée par les dernières pluies, et des champs de blés verts bordés et mouchetés de coquelicots comme une peinture d’impressionniste… Les routes de la suisse normande tiennent toutes leurs promesses.

Cette première étape est assez longue mais grisante et un vrai régal et se conclue par la route des crêtes où nous faisons une halte là où par beau temps se lancent les delta-planes et les parachutes ascensionnels. Malgré le temps couvert nous nous laissons saisir par cette vue vertigineuse où serpente l’Orne quand soudain nous nous sentons épiés par un drone presque dans les nuages, pour finalement découvrir qu’il est piloté par Nicolas.

 

 

 

À Saint Rémy en entrant dans le cimetière, nous passons devant l’if plus que centenaire qui abrite une vierge au sein de son tronc creux pour arriver au cadran solaire sur le flanc sud de l’église. C’est aussi un cadran classique sur une pierre rapportée légèrement de biais pour parfaire l’alignement.

Puis on poursuit avec le cadran de Clécy, village de caractère, qui est dans un angle de l’église, à 45°, là encore pour parfaire l’alignement, avec l’indication des heures sur un demi-cercle. Il est daté de 1745 mais malheureusement le style est absent.

 

 

 

 

 

 

 

À Thury-Harcourt, autre cadran autre style : nous découvrons un grand cadran carré, classique mais peint et coloré à la suite d’une soigneuse restauration. Il est légèrement déclinant du soir. Au-dessus dans un bandeau ocre se lit distinctement : « ASTRA RECANT HOMINES SED DEVS ASTRA RECIT » que Laurent nous traduit sans conviction par ‘‘ Les astres régissent les hommes mais Dieu gouverne les astres’’. Cependant grâce à lui nous comprenons l’idée. Et au-dessus de la devise latine on peut également lire la date :1789 !

Nous continuons pour Fresney le Vieux. Là nous aurions dû sortir la Lunt pour observer les protubérances solaires, mais le ciel s’obstine à rester couvert. Nous en profitons pour nous désaltérer et déguster quelques gâteaux apportés par Laurent et Philippe. Ce fut difficile de résister à ne pas goûter à tous les gâteaux. Mais nous n’oublions pas de contempler le cadran solaire ! Sa première originalité s’est d’être gravé sur une pierre légèrement bombée dans sa largeur. Ensuite la ligne qui borde l’indication des heures n’est pas circulaire mais plutôt en parabole. Se remarque aussi l’inégalité des espaces entre les heures pour compenser l’inexactitude de l’alignement Est-Ouest du mur.

 

Nous arrivons à l’église de Mutrécy après avoir traversé la forêt de Cinglais via des routes arborées comme des cathédrales. Là nous attend Christian qui nous avait perdu à la sortie de Thury. Il se fait gentiment chambrer : on accuse sa moto qui est une japonaise ! Quant au cadran de Mutrécy il est tout à fait différent des précédents : c’est presque un rectangle gravé en diagonale sur sa pierre avec pour style un portique c’est-à-dire une tige métallique tenue parallèlement au-dessus de la pierre par deux autres tiges qui lui sont perpendiculaires. Il est gravé de lignes chiffrées pleines pour les heures et de lignes pointillées pour les demis. Un second cadran, plus effacé se trouve sur l’autre pan du contrefort de l’église.

 

 

 

Nous sommes très près d’Amayé, le tour est terminé, mais avant de partir, Pascal nous demande lequel de ces cadrans solaires nous plaît le plus. La majorité se fait sur celui de Thury-Harcourt, ses couleurs et sa devise en sont certainement la motivation. Mais celui de Mutrécy par son originalité arrive bon second. Puis Pascal nous interroge pour savoir si nous sommes d’accord pour faire une autre randonnée l’année prochaine autour de Bayeux. C’est un accord unanime, alors à l’année prochaine pour une autre balade découverte des cadrans solaires.

Lien vers galerie photos

Lilian L, Christophe B

Sommer’Sciences

Sommer’Sciences à Sommervieu, c’est ce week-end! (samedi après-midi et nuit, ainsi que dimanche).

C’est libre et gratuit pour tous (ceci dit certaines activités comme la fabrication des fusées sont plutôt sur réservation préalable auprès de la Mairie).

Screenshot

 

 

 

 

NAT 2024

Quelles NAT cette édition 2024 !

Les NAT, ça se déroule en Touraine, à l’observatoire de Tauxigny, et c’est organisé par la SAT (Société Astro de Touraine). On était quasi 200 passionnés ‘astrocampeurs’ réunis durant ce long week-end prolongé de 5 jours et partageant la même passion et vivant au même rythme. Et parmi tous ces passionnés quelques girafons.

Les NAT, c’est bien plus que de simples soirées astro : c’est avant tout la détente. Il faut dire que tout est sur place et pas besoin de déplacer le matériel ni de faire de la route entre chaque soirée d’observation, il y a 5m entre le hamac et le Dobson ! Les NAT, c’est aussi des conférences sur des thèmes variés, la possibilité de voir d’autres instruments dont certains sont incroyables, des moments de partages autour d’un verre ou d’un repas, d’échanges et de rencontres, ou de retrouver des amis comme nos collègues du GAAC qui nous avaient reçu chez eux 2 semaines plus tôt.

 

Moi, j’arrive le jeudi. Je monte la tente et j’installe le matos à savoir mon 250 tubulaire sur une table équatoriale. Rapidement les premiers curieux arrivent : qu’est-ce donc ce télescope non identifié ? il est fait maison ? réponse oui. C’est un Dobson ? réponse bah oui. Et la table équatoriale ? réponse : faite maison aussi. Et le miroir ? réponse : fait à la sorbonne. Certains connaissent ou en ont entendu parler. Quant à la cage secondaire en roue de vélo elle fait toujours son petit effet : simple et efficace !

Puis c’est déjà l’heure de l’apéro entre girafons avant d’aller diner et d’assister à une conférence sur les étoiles à neutron de mon collègue Fabrice Mottez de la SAF. La nuit est tombée, et ce sont les premières observations et les premiers partages. Mais très vite on abandonne son instrument pour faire du TDA (Télescope des autres) : y a des 400, des 500 mais surtout un 600 équipé d’un OVNI (amplificateur de lumière). On a pointé M57 (nébuleuse de la lyre) puis l’œil du chat (NGC6543). En toute honnêteté c’est assez bluffant ; on est littéralement plongé dans les nébuleuses. Par contre ça amplifie aussi la diffusion et donc pas mal de lumière parasite. Mais cela reste une belle expérience. Bref c’est ça les NAT, vadrouiller et regarder dans les Dobson des autres.

Le lendemain les téléphones bipent non-stop de notifications d’aurores boréales potentielles. Le soleil est en pleine activité. On observe des flares mais surtout un méga groupe de taches. Le soir le KP atteint 7, puis 8 puis 9 ; pas d’observation, le ciel est drapé rouge. Ça monte jusqu’au zénith (et au-delà 😉). Ça photographie, ça filme, ça crie à chaque nouvelle « explosion » d’aurore. On appelle nos proches, nos amis. Impossible d’aller se coucher tellement le spectacle est splendide et incroyable. On y passe la nuit.

Qui aurait pu prédire que nous allions assister pendant plus de 6 heures aux aurores du siècle avec près de 200 passionnés sous une météo impeccable alors qu’elle a été pourrie toute l’année ! On est plusieurs à ne pas encore en revenir.

Aussi le lendemain on ne parle que de ça et le soir venu on espère encore en voir mais le ciel n’est pas top : brumeux et encore « pollué » d’aurores invisibles à l’œil nu. Aussi je pointe sur le croissant lunaire vers le terminateur et je propose à un pote de la SAF, lui aussi venu avec son club, de jeter un œil, histoire qu’il ait un aperçu de ce que va donner son futur 250 qu’il est en train de polir à la Sorbonne. On commence au 11mm puis on décide de mettre un oculaire de 3mm explore scientific: ça fait un grossissement de 408 fois! La table équatoriale fait le job et suit. On zoome ainsi sur Petavius sur les conseils de Christian Legrand (co fondateur de l’AVL, l’Atlas Virtuel de la Lune) et qui nous avait rejoint entre temps. On voit nettement les détails, le pic au centre du cratère et la faille qui le traverse. Mon pote est définitivement convaincu : les heures à ébaucher et à polir un miroir valent vraiment le coup !

Voilà, les NAT 2024 c’est fini. Le retour au quotidien est un peu difficile après toutes ces rencontres, ces moments de convivialités et surtout ces aurores boréales plein la tête. Vivement l’édition 2025 !

  

Christophe B.

Crédits photos Jeanne B. et Olivier L.

Vendredi 10 Mai 2024

Ce vendredi 10 mai 2024 devait être le meilleur jour de la semaine selon les prévisions météo. Je proposais donc une soirée d’observation à Banneville sur Ajon.
Nous avons monté les télescopes et comme la nuit n’était pas encore très noire, nous avons tous pointé la Lune qui offrait un très fin croissant.

Ensuite, nous avons tous pu observer le ciel profond. J’ai commencé par des amas globulaires M3, M53 et l’ineffable M13. Avec Pascal, nous avons ensuite décidé de passer aux galaxies avec les désormais célèbres M81 et M82 . Puis la galaxie du sombrero (M104) assez décevante, car la nuit n’était pas encore bien noire. Puis M63 (rien à voir avec la dernière photo de Vincent) et M64, M51, le triplet du Lion. J’ai aussi pointé une galaxie assez peu courante NGC 4631. C’est alors qu’en regardant vers le nord, nous avons vu le ciel rosir, mais rien à voir avec la pollution lumineuse habituelle de Caen.
Fort heureusement, Olivier du fond des NAT, et Jean-Marc nous avaient alertés un peu avant que des aurores ‘boréales ‘ étaient probables. Nous avons vite compris que ce halo rose en était une.
A partir de ce moment le spectacle fut grandiose, animé, coloré et d’une beauté incroyable. Jamais dans ma vie, je n’aurais imaginé voir cela à nos latitudes. Nous avons délaissé nos télescopes pour jouir du moment, de toute façon la luminosité était telle que le ciel profond était effacé…
Les APN ont été sortis et mis à contribution, les smartphones aussi. Il fallait immortaliser cet événement extrêmement rare en Normandie.
Nous avons eu droit à du rose, du violet, du rouge et du vert, des grosses traînées, des petites, comme quand on voit la pluie au loin. Des traits verticaux, des barres vertes obliques, des traits comme des méridiens qui semblaient venir du zénith, etc.

A l’occasion d’une baisse nous avons pris une tisane et des gâteaux apportés par Lilian. Ce vendredi était l’anniversaire de Pascal.
Nicolas et Vincent n’ont même pas pris la peine d’y participer car ils ne voulaient plus lâcher leur appareils photo et plus rien d’autre ne comptait. Après cet entracte, nous avons levé la tête et la seconde partie du spectacle commença.
Nous avons donc eu droit à un festival pendant plusieurs heures sans jamais nous lasser.
C‘était le cadeau du ciel pour l’anniversaire de Pascal, qui du coup s’en souviendra toute sa vie.

Nous avons rangé le matériel vite fait, et chacun regagna sa demeure en se demandant si cette soirée était un rêve ou pas.

Un grand merci aux personnes qui ont envoyé de magnifiques photos, je pense que d’autres viendront dans les prochains jours.
Marc, Nicolas, Vincent, Gérard, Jean-Marc, Philippe, Samuel : vos photos sont sublimes, elles nous permettrons de nous remémorer cette soirée formidable et unique.

Laurent

Crédits photographiques Marc, Nicolas, Vincent, Gérard, Samuel

Balade découverte des cadrans solaires en Suisse Normande

Le samedi 1er juin 2024 de 13 H 30 à 18 H 00, la GIRAFE propose une balade découverte des cadrans solaires aux alentours de Thury-Harcourt en Suisse Normande.
Ses instruments de mesure du temps venus d’une époque très lointaine font partis de notre patrimoine astronomique. Une belle balade touristique à faire en moto, en scooter, side-car, ou en co-voiturage. En cas de temps pluvieux, elle sera reportée à une date ultérieure. Nombre de places limitées pour raison d’organisation et de sécurité, réservation par courriel : astroclublagirafe@gmail.com
En photo, le cadran situé sur l’église de Thury-Harcourt.

RAC 2024

C’est par une belle après-midi ensoleillée que les Rac 2024 ont débuté.
Lorsque je suis arrivé à la Chapelle Saint Clair, Yvan était déjà en train d’observer le soleil et la chapelle quasiment prête à recevoir les nombreux visiteurs espérés.

Lilian et Bernard étaient en train de s’échauffer pour orchestrer la vente de matériel du club ou ceux des adhérents.
Jean-marc, le président de l’Asnora finissait l’installation des affiches et photographies.
Puis les membres des deux clubs sont arrivés en nombre et chacun a pu discuter et échanger. Nous étions heureux de nous retrouver et c’était aussi l’occasion de revoir nos amis dans d’autres conditions que lors des soirées d’observation.
René, dont la santé est fragile a même fait le déplacement pour cette occasion.

La vente commença et en parallèle, les observations solaires aussi. De plus en plus d’instruments pointèrent notre étoile préférée. Le léger voile nuageux n’empêchait pas de voir les taches et protubérances.

Vers 16h00, Gilbert commença son exposé sur les dernières théories de formation du système solaire avec notamment le modèle de Nice.
Après une petite collation, toujours bienvenue, Jeanne nous raconta sa folle semaine à l’observatoire de Saint Véran et nous étions ébahis devant les belles photos et dessins obtenus lors du séjour, dans un ciel de grande qualité. Visiblement, cette belle narration a donné envie à certains de tenter l’aventure prochainement.

Ensuite nous avons vaqué à nos occupations, à discuter autour des instruments, donner quelques conseils aux débutants…
Tatiana et Marc (Observatoire Astro de Saint Jean le Blanc) ont fait le déplacement depuis Orléans pour passer la soirée avec nous.

L’heure de l’apéro ayant sonnée, nous sommes tous rentrés nous asseoir autour de la grande table dressée dans la chapelle. Le repas partagé pouvait désormais commencer. En entrée, l’excellente soupe concoctée par Bernard et sa compagne. Moment convivial et indispensable pour prendre des forces pour l’observation. Pour finir par la fameuse et légendaire teurgoule de Bernard. Petit rangement vite fait et ensuite place à l’observation.

Des visiteurs nous attendaient de pied ferme, malgré un ciel partiellement nuageux. La seule vision de la Lune dans les différents instruments aurait suffit à contenter tout le monde. Mais il y avait aussi Jupiter et nous ne comptions pas nous arrêter là. Pour ma part, j’ai squatté toute la soirée le T400 de Pascal, dont j’ai profité bien plus que lui (voilà ce que c’est d’être bavard et aussi beaucoup demandé).
Mais bon, je l’ai quand même laissé voir quelques objets parmi lesquels M42 un peu bas sur l’horizon, M3, NGC 457, M65 et mes galaxies préférées M81 et M82.
Quelques visiteurs présents et surtout Anne, ont ainsi vu des galaxies pour la première fois.
Les présences des nuages et de la Lune rendaient de nombreux objets peu visibles, nous avons donc du profiter au maximum de ceux disponibles, préférant la qualité à la quantité. Juste avant de partir, Hercule se levant, nous avons pu, grâce à Olivier, nous régaler de l’amas globulaire M13 qui est toujours une cible magnifique.

Après avoir rangé les instruments et nettoyé la chapelle, nous avons déclaré la soirée terminée. Nous sommes rentré chez nous avec la satisfaction d’avoir organisé et passé une excellente journée. Pascal ayant déjà des idées nouvelles pour la prochaine édition…

Laurent