Les étoiles carbonées. Des rubis dans le ciel.

Il y a quelque temps, lors d’une sympathique soirée d’observation organisée par l’association, quelqu’un pointa son télescope de type Dobson sur une magnifique étoile d’un rouge intense. Sur un écrin de velours noir était posé cet éclat de rubis rouge. A tous les coups l’on aime, on fait la queue pour l’admirer. C’est une étoile carbonée. Celle-là, comme ses sœurs, sont bien connues, répertoriée dans la longue liste des belles choses à voir dans le ciel nocturne. Puis, quelqu’un demande : « C’est quoi une étoile carbonée ? Euh…. ». Une étoile carbonée, comme son nom l’indique, est une étoile avec beaucoup de carbone à sa surface. Ce carbone forme des composés chimiques complexes, ce qui donne à l’étoile une atmosphère de « suie » et un aspect rouge saisissant. Les molécules de carbone absorbent fortement la lumière bleue et donnent aux étoiles une couleur rouge exceptionnellement profonde. Certes. Mais la raison de cet enrichissement en carbone ? Le carbone est le 5e élément le plus abondant de l’Univers. La suie et les diamants, tous deux composés de carbone, sont partout présents dans l’Univers ! La vie et les molécules organiques sont basées sur les atomes de carbone, l’un des éléments les plus importants pour la vie telle que nous la connaissons sur Terre. Sa grande abondance dans l’Univers et son origine ont été l’une des plus belles énigmes scientifiques. Pour fabriquer un noyau d’atome de carbone, il faut mettre 6 protons ensemble. Dans les étoiles, cela peut se faire progressivement, un proton à la fois. Mais, dans ce processus, il y a un blocage, les noyaux de 5 nucléons (5 protons ou neutrons) sont instables. En 1952, deux chercheurs en physique nucléaire, Salpeter et Hoyle conjecturent l’existence d’une réaction nucléaire, appelée « la triple capture alpha », la fusion simultanée de trois noyaux d’hélium 4, construisant un pont vers le carbone 12 (6 protons et 6 neutrons), via une résonance appelée « l’état de Hoyle », un processus nucléaire unique et une merveille de précision qui fut rapidement confirmée expérimentalement dans les accélérateurs de particules.

Connaissant le processus nucléaire produisant du carbone, la question était alors de savoir où et quand cette réaction avait eu lieu ? La réponse est venue récemment après l’observation que le carbone était arrivé relativement tardivement dans notre Galaxie. Les noyaux de carbone ont été forgés par des étoiles de faible masse, comme le Soleil.  Ces étoiles, après plusieurs milliards d’années, après avoir formé du carbone dans leur cœur, ont projeté le carbone dans l’espace. Cela se produit encore aujourd’hui, cela donne de belles images astronomiques d’objets appelés « nébuleuses planétaires ». C’est le destin des étoiles comme le Soleil. Quant aux étoiles carbonées ? Dans une phase qui se produit juste avant la nébuleuse planétaire, l’étoile s’enfle et se transforme en une immense étoile appelée « géante rouge ». On pense qu’une partie de sa matière interne, riche en carbone fraichement produit, s’est retrouvée mélangée avec l’enveloppe extérieure de l’étoile. Un drapeau rouge pour attirer les regards, juste avant le feu d’artifice final.

© apod.nasa

 

En couvre-feu : l’éclairage nocturne des villes et villages a-t-il encore un sens ?

Le confinement au printemps 2020 nous a beaucoup appris. Rester chez soi plusieurs semaines a eu des effets psychologiques négatifs évidents. Mais cette contrainte nous a aussi montré à quel point le ralentissement des activités humaines avait un impact positif sur la nature qui nous entoure. La faune et la flore ont connu à cette époque un développement que nous n’imaginions même pas. Amélioration de la qualité de l’air, retour des dauphins le long des côtes, transparence de la lagune à Venise… Les médias ont fait à l’époque une large place aux effets spectaculaires du confinement sur la santé de la planète.

Avec le couvre-feu les communes ont l’opportunité d’éteindre l’éclairage nocturne devenu inutile. Une décision qui irait dans le sens de la protection de la biodiversité. Et qui permettrait également de substantielles économies d’énergie et financières. Certaines villes n’ont pas attendu la pandémie pour prendre de telles initiatives.

De nouvelles initiatives voient le jour sur notre Région, l’astro-club de la girafe ne peut que s’en féliciter et encourager les élus à s’engager sur la durée dans ces démarches.

En France la lutte contre la pollution lumineuse est menée depuis 20 ans par l’ANPCEN. Son site internet fournit une multitudes d’informations à ce sujet. Pour les astronomes comme pour les simples amoureux du ciel nocturne, l’extinction de l’éclairage public serait aussi une aubaine. Imaginez-vous en train d’admirer le ciel nocturne depuis vos fenêtres comme si vous étiez dans un planétarium ! Constellations, étoiles et planètes seraient à portée de main. Chacun pourrait admirer Saturne, Jupiter et Mars actuellement visibles en début de nuit. Ou encore la Voie lactée avant que la lumière de la Lune n’en efface la trace. Comme le disait Guillaume Apollinaire, «Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

extrait de l’article du blog  : https://blogs.futura-sciences.com

 

Le club continue ses activités, mais doit s’adapter

Malgré l’épidémie de Coronavirus, le club continue ses activités, mais a dû s’adapter. Malheureusement, compte tenu de la situation sanitaire, il nous est difficile d’organiser des ateliers et formations pratiques. Ceux-ci seront donc remis à plus tard.

Néanmoins les soirées d’observation restent possibles, mais seront pour le moment réservées aux seuls membres et en appliquant les mesures appropriées (distanciation sociale, port du masque, etc.).

Mise à jour du 22/10: malheureusement tant que le couvre feu sera en vigueur nous seront également contraints de limiter les horaires des soirées d’observation qui devront se terminer avant 20h.

C/2020 F3 (NEOWISE), UNE COMÈTE VISIBLE À L’ŒIL NU

Photo de Jeanne B réalisée le 6 juillet 2020

Cette comète réconforte les astronomes après les déceptions provoquées par les deux dernières comètes, C/2019 Y4 (Atlas) et C/2017 T2 (Panstarrs), qui se seraient fragmentées à l’approche du Soleil. En effet, cette nouvelle comète découverte pour la première fois le 27 Mars 2020 par le télescope spatial NEOWISE, brille fort et elle est visible depuis l’hémisphère Nord. Elle a déjà franchi le périhélie (le point le plus proche du Soleil sur son orbite) donc on peut espérer qu’elle reste intacte et bien brillante. Elle se rapproche de la Terre, et bien qu’elle s’éloigne désormais du Soleil, nous pourrons probablement l’observer durant tout l’été 2020.

Pour l’admirer, il faut regarder en direction du Nord-Est, vers un horizon bien dégagé car elle est assez basse. Vous la verrez sans problème avec des jumelles sous la constellation du Cocher, entre une et deux heures avant le lever du Soleil, donc environ entre 4h et 5h le matin ces jours-ci. Ensuite, à partir de mi-juillet, comme elle se déplace rapidement vers le Nord, elle sera visible en début de nuit, sous la Grande Ourse, et elle continuera à se déplacer chaque nuit vers l’Ouest.

Pour la photographier, une fois que vous l’aurez repérée, fixez votre appareil photo sur un trépied, utilisez un zoom ou un téléobjectif, essayez de cadrer un peu de paysage, c’est plus joli. Quelques secondes de pose suffiront et éviteront de faire filer les étoiles.

Je ne peux que vous inciter à admirer sans attendre cette comète, c’est un évènement à l’œil nu. Aux jumelles, elle est splendide, on distingue très bien son noyau et sa queue.


Cette carte montre la position du noyau de la comète C/2020 F3 (NEOWISE) chaque jour à 0 h TU, soit 2 h du matin heure légale d’été en France métropolitaine. Le blog de Guillaume Cannat.

Pour en savoir plus, consultez l’excellent site de Guillaume Cannat : https://www.lemonde.fr/blog/autourduciel/2020/07/06/une-tres-belle-comete-est-visible-a-laube/

Pas de nuit des étoiles cette année pour la GIRAFE

Compte tenu de la situation actuelle, l’astroclub de la GIRAFE n’organisera pas de nuit des étoiles cette année. Même dans l’hypothèse où l’évènement serait maintenu au niveau national, les probables obligations et restrictions seront trop difficiles à faire appliquer pour notre petite structure. Nous ne pouvons pas prendre le risque vis à vis du public et des membres du club. Ce n’est que partie remise, et nous espérons avoir très bientôt de  nouveau l’occasion de présenter les merveilles du ciel au public.

Les activités du club vont peu à peu revenir à la normale, mais seront pour le moment réservées aux seuls membres et en appliquant les mesures appropriées (distanciation sociale, etc.).