C/2020 F3 (NEOWISE), UNE COMÈTE VISIBLE À L’ŒIL NU

Photo de Jeanne B réalisée le 6 juillet 2020

Cette comète réconforte les astronomes après les déceptions provoquées par les deux dernières comètes, C/2019 Y4 (Atlas) et C/2017 T2 (Panstarrs), qui se seraient fragmentées à l’approche du Soleil. En effet, cette nouvelle comète découverte pour la première fois le 27 Mars 2020 par le télescope spatial NEOWISE, brille fort et elle est visible depuis l’hémisphère Nord. Elle a déjà franchi le périhélie (le point le plus proche du Soleil sur son orbite) donc on peut espérer qu’elle reste intacte et bien brillante. Elle se rapproche de la Terre, et bien qu’elle s’éloigne désormais du Soleil, nous pourrons probablement l’observer durant tout l’été 2020.

Pour l’admirer, il faut regarder en direction du Nord-Est, vers un horizon bien dégagé car elle est assez basse. Vous la verrez sans problème avec des jumelles sous la constellation du Cocher, entre une et deux heures avant le lever du Soleil, donc environ entre 4h et 5h le matin ces jours-ci. Ensuite, à partir de mi-juillet, comme elle se déplace rapidement vers le Nord, elle sera visible en début de nuit, sous la Grande Ourse, et elle continuera à se déplacer chaque nuit vers l’Ouest.

Pour la photographier, une fois que vous l’aurez repérée, fixez votre appareil photo sur un trépied, utilisez un zoom ou un téléobjectif, essayez de cadrer un peu de paysage, c’est plus joli. Quelques secondes de pose suffiront et éviteront de faire filer les étoiles.

Je ne peux que vous inciter à admirer sans attendre cette comète, c’est un évènement à l’œil nu. Aux jumelles, elle est splendide, on distingue très bien son noyau et sa queue.


Cette carte montre la position du noyau de la comète C/2020 F3 (NEOWISE) chaque jour à 0 h TU, soit 2 h du matin heure légale d’été en France métropolitaine. Le blog de Guillaume Cannat.

Pour en savoir plus, consultez l’excellent site de Guillaume Cannat : https://www.lemonde.fr/blog/autourduciel/2020/07/06/une-tres-belle-comete-est-visible-a-laube/

ON THE MOON AGAIN

A l’occasion du 50ème anniversaire des premiers hommes sur la Lune (Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont foulé le sol lunaire le 21 juillet 1969, au cours de la mission Apollo 11), un collectif de scientifiques a organisé un évènement mondial : On the Moon again. Le principe était d’inciter chaque possesseur d’un instrument d’observation à sortir dans la rue le 12 et le 13 juillet 2019, et à montrer la Lune aux passants, permettant ainsi de toucher un public plus large que les personnes qui font la démarche volontaire de venir aux soirées telles que la Nuit des Étoiles. Ces dates ont été choisies pour bénéficier d’une Lune gibbeuse croissante visible en soirée.

Le 12 juillet, François, Olivier et moi nous sommes installés dans un lieu qui n’était pas propice : il n’y avait pas de promeneurs, seulement des voitures, et très peu se sont arrêtées. Merci à Chloé, à la famille et aux voisins de François d’être venus regarder dans nos instruments.

Le lendemain, Olivier et moi nous sommes rendus à Bernières-sur-mer. Il y avait pas mal de vent, bravé par quelques promeneurs sur le bord de mer. Tout au long de la soirée, nous avons montré à une trentaine de personnes de tous âges la Lune dans le Dobson 250. Tous se sont exclamés à la vue des cratères en très gros plan. Il y avait un joli rapprochement entre la Lune et Jupiter, que nous avons également pointée, les observateurs d’un soir étaient ravis de pouvoir regarder ses 4 satellites, ainsi que Saturne et ses anneaux. Les gens étaient surpris de se dire que ces points lumineux du ciel ne sont pas de « simples » étoiles, mais de belles planètes lorsqu’on les regarde avec un grossissement. Un groupe de 3 jeunes gens est resté un bon moment, discutant avec nous de plein de sujets. Nous leur avons également montré Albiréo, NGC 457 l’amas du hibou (E.T.), M57 et M13, mais ces objets étaient très peu contrastés dans ce ciel éclairé par les lampadaires et la Lune très présente. Nous sommes donc revenus sur la Lune et Jupiter, suivant la disparition de son satellite Io au fil de la soirée.

Nous sommes rentrés très satisfaits, avec une impression de mission accomplie. Ces promeneurs ne s’attendaient pas du tout à regarder dans un télescope. Ils garderont sans doute en mémoire cette soirée spéciale et inattendue.

Réalisation de time-lapses

Vous voulez savoir comment réaliser des time-lapses ? Vous savez, ces petits films en accéléré, qui permettent de mettre en évidence des mouvements lents, imperceptibles lorsqu’on les regarde à vitesse réelle. Comme la croissance de végétaux, la construction d’un bâtiment, la rotation des étoiles dans le ciel… Justement, c’est dans le ciel que l’on trouve de nombreux sujets dont on peut accélérer le mouvement. On peut s’amuser le jour, avec le déplacement des nuages, ou leur formation sur un massif montagneux par exemple. J’ai une prédilection pour le ciel nocturne. Grâce à la technique du time-lapse, on met en évidence la rotation des étoiles, le déplacement de la Voie Lactée, de la Lune et des planètes, des nuages qui se détachent du fond du ciel étoilé et donnent une impression de relief. On peut aussi accélérer des aurores polaires, ou un coucher de soleil pour voir apparaître les étoiles en quelques secondes… J’aime également prendre en photo les astronomes amateurs et les instruments, au cours de soirées astro, avec le ciel étoilé en arrière-plan. Les possibilités pour voir le ciel autrement sont nombreuses.

Vous en trouverez plusieurs exemples avec les liens vers ma chaîne YouTube.

J’ai rédigé ce tutoriel pour répondre à certaines questions et vous éviter les pièges dans lesquels je suis tombée en débutant. Je liste le matériel nécessaire, j’explique comment régler l’appareil photo, comment calculer le nombre d’images nécessaires, quel intervalle choisir entre deux photos, comment faire le montage, avec quel logiciel… Bref, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les time-lapses 🙂

Maintenant, à vous de jouer !

Le tutoriel Réalisation d’un time-lapse (PDF)